Depuis une quinzaine de jours, on me signalait des prises de frelons asiatiques dans les pièges mis en place en
Dordogne. Souvent, le piège était garni d'un appât à la pomme: sirop ou jus de pomme, bière et sirop de pomme, ... .
(Merci à Jean-Paul K. pour avoir signalé le premier l'appât efficace.)
Je n'en prenais aucun alors que je piège depuis mi janvier. Cette absence de frelons autour de mon rucher aurait pu me rassurer, mais comme je savais que des reines avaient commencé à
construire leur nid primaire à Sarlat, j'étais plutôt inquiet.
Enfin, vendredi 14 mars, j'ai découvert une première reine prise dans un piège situé sous une ruche (il est ainsi à l'abri et ne se remplit pas d'eau). J'en ai attrapé une deuxième lundi. Si ces
prises correspondent vraiment à deux nids potentiels en moins, c'est intéressant.
La photo n'est pas très claire et la bête a trempée une journée dans le sirop de
pomme. Elle partira dans un flacon d'alcool à l'IUT de Périgueux pour être disséquée par les étudiants.
La femelle fondatrice observée sur son nid début avril (voir la photo et la vidéo dans les articles précédents) était statique, ne partait pas du nid, car elle n'avait alors
que des oeufs à surveiller. J'imagine qu'elle a maintenant un besoin pressant en nourriture et qu'elle doit sortir très souvent pour alimenter les larves, d'où sa présence près des ruches.
La période est donc très importante pour le piégeage. Les apiculteurs ont en ce moment des moyens pour se défendre de la pression à venir de ces frelons asiatiques, ils doivent en profiter!
A propos de vespa velutina, je conseille à tous d'aller se promener sur le site de Didier Bontemps.
http://didierbontemps.ifrance.com/
(Voir aussi son commentaire après l'article précédent)
Didier est un désinsectiseur qui a une démarche originale: il entretient un "rucher hôpital" constitué des essaims qu'il récupère par son activité professionnelle. Les abeilles passent par
son rucher avant d'être confiées à des apiculteurs. Vous trouverez sur son site un rapport très intéressant constitué de toutes ses observations sur le frelon asiatique.
J'ai eu le plaisir de rencontrer Didier Bontemps lors de sa venue à Sarlat pour une réunion d'information sur le frelon asiatique organisée par le délégué local de l'opération départementale de
piégeage, initiée par le préfet. A cette occasion, Claire Villemant, du Muséum d'Histoire Naturelle a présenté sommairement les connaissances actuelles sur vespa velutina.
Les discussions entre Didier Bontemps, Claire Villemant et Richard Legrand ont permis de voir les différences d'approche du problème entre le monde apicole et certains scientifiques: Faut-il agir
tout de suite sur le prédateur pour épargner les abeilles et l'entomofaune locale, ou faut-il attendre d'en savoir plus pour ne pas mettre en péril des espèces locales par le piégeage ? En
d'autres termes, faut-il prendre le risque de piéger quelques insectes locaux ou risquer de les voir disparaître plus tard par une pression trop importante du frelon asiatique?
par Jean-Marc NAILLON
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Nos abeilles en danger
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Une photo envoyée par Kathryn et John, lecteurs australiens du blog:
Ils me parlent de leurs abeilles très très douces, d'une apiculture sans voile ni vêtement de protection, juste muni d'un
enfumoir.
J'en saurais un peu plus en mai sur les abeilles d'Australie car ils passeront quelques jours de vacances en France et doivent passer par la Dordogne.
par Jean-Marc NAILLON
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Des photos
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C'est le moment de marquer les reines.
Dans ma pratique apicole, j'essaie de marquer les reines en début de saison, mais pas trop tôt quand même. Il est bien sûr plus facile de trouver une reine dans une colonie de fin mars début
avril que dans une colonie surpeuplée. J'attends donc en général l'équinoxe de printemps pour marquer un maximum de reines ( en tout cas celles qui ne le sont pas encore):
- J'estime qu'avant cette date, il ne faut pas prendre le risque de déranger trop longtemps la colonie à cause des températures plutôt basses.
- Je ne suis pas à l'abri d'une manoeuvre mal faite, et la perte d'une reine trop tôt dans l'année entraînerait la perte de la colonie qui n'aurait pas les moyens d'en élever une dans de bonnes
conditions. De plus, l'absence ou la quasi absence de mâles empêcherait une bonne fécondation de la reine de sauveté.
Il m'apparait très important d'avoir le maximum de reines marquées car ça me fait gagner un temps important dans différentes manipulations qui nécessitent la recherche de la reine
- pour la remplacer.
- pour "écrémer" une colonie afin de réduire les risques d'essaimage, en prélevant des abeilles ou des cadres de couvain.
- pour diviser une colonie ou la rassembler à une autre.
... Et le plaisir d'apercevoir la reine lors d'une visite, ça compte!
Je ne porte pas beaucoup d'importance à la couleur de la reine car je ne vends pas de reine ou d'essaim. L'important est que je puisse la trouver plus vite. J'ai fonctionné avec un flacon de
couleur bleu pendant de nombreuses années.
par Jean-Marc NAILLON
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La conduite des ruches
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Christian Vélot est Enseignant-Chercheur en Génétique Moléculaire à l’Université Paris-Sud. Depuis 2002, il est
responsable d’une équipe de recherche à l’Institut de Génétique et Microbiologie (Institut mixte CNRS-Université) sur le Centre Scientifique d’Orsay. Parallèlement à son activité d’enseignement
et de recherche, il anime sur son temps personnel de nombreuses conférences à destination du grand public sur le thème des OGM. Ses conférences didactiques, dont l’une a notamment servi de
document de travail à l’intergroupe OGM du Grenelle de l’Environnement, ont permis à de nombreux citoyens d’avoir accès à une connaissance de la réalité des OGM et ont contribué à la prise de
conscience raisonnée des risques qu’ils portent. Il est souvent intervenu en tant que témoin dans les procès de faucheurs volontaires. Christian Vélot fait partie de ces lanceurs d’alerte qui
oeuvrent pour faire valoir la réalité de certains risques et engager des débats démocratiques, là où l’obscurité et l’opacité sont de règle. Ses prises de position lui valent aujourd’hui, de la
part de la direction de son Institut, de nombreuses pressions matérielles, depuis la confiscation de la totalité de ses crédits pour 2008, la privation d’étudiants stagiaires, la menace d’un
déménagement manu militari, jusqu’à l’annonce de l’exclusion de son équipe de l’Institut à partir de fin 2009.
Une pétition peut aider à soutenir ce chercheur. Elle demande que toutes les conditions soient rassemblées pour que Christian Vélot, avec son équipe, puisse poursuivre ses activités de
recherche indépendante, ce qui implique notamment que la totalité de ses crédits lui soient restitués et qu’il puisse rester dans ses locaux au moins jusqu’à la fin de son actuel contrat (fin
2009).
Vous trouverez cette pétition sur le site:
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1638#sp1638
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