Pour répondre

Publié le par Jean-Marc NAILLON

J’ai reçu il y a quelques jours une demande de renseignements de Lionel à propos de la conduite de ses ruches.

Quelques jours de vacances, de nombreuses activités printanières pour l’apiculture, le potager, … et je n’ai pas pris le temps de répondre. Je vais donc me permettre de répondre par l’intermédiaire de cet article. Je ne prétends cependant pas être un spécialiste et me permettre de donner des leçons, mais l’exercice me parait intéressant sur ce blog car il peut ouvrir la discussion et si d’autres veulent ajouter des commentaires, faire part de leurs expérience ou présenter d’autres manières de voir ou de faire, leur participation sera la bienvenue. Il leur suffit de cliquer sur « commentaire » à la fin de l’article, puis sur « laisser un commentaire ».

Première question : « Comment renouveler deux cadres dans chaque ruche pour que sur 5 ans chaque cadre soit changé ? (avec des explications précises sur les numéros de cadres à enlever ou à décaler et la position des cadres cirés).

Comme le dit Lionel, il y a beaucoup de choses dans la littérature. Et le problème c’est que le cadre à changer est rarement vide. Voilà ce que je peux conseiller à partir de mon expérience.

-         Il faut enlever les cadres les plus usagés, abimés, brefs les plus noirs. Si le cadre en question est au centre du nid à couvain, il faut le décaler progressivement vers le bord de la ruche. Il est facile de le placer d’abord au bord du nid à couvain puis de le décaler d’un cran à la visite suivante, lorsque son couvain est operculé, et si la force de la colonie est suffisante et que la météo est clémente. Si le cadre qu’on veut enlever contient du miel, on peut gratter le miel en partie ou complètement, avec une fourchette, remettre ce cadre en première position, au bord de la ruche et l’enlever à la visite suivante.

-         Les cadres peuvent aussi être enlevés pour constituer de nouvelles colonies au printemps. On prend un cadre ce couvain dans 2, 3, ou 4 ruches (selon l'avancée de la saison), un cadre de pollen dans une autre, un cadre de miel dans une dernière, des jeunes abeilles dans une ou deux ruches, on place tous ça dans une ruchette et on ajoute une cellule royale. On a alors réalisé trois opérations en une : on a constitué une nouvelle colonie, on a « saigné » les ruches qui risquaient l’essaimage et on a changé un cadre dans quelques ruches. A faire lorsque les colonies débordent d’abeilles et de couvain : chez moi, c’st à réaliser absolument dans les quinze jours qui suivent la fin de la floraison des acacias.

-         Je replace le ou les cadres cirés en bordure du nid à couvain. Ils sont ainsi rapidement bâtis et pondus. La littérature conseille parfois de placer directement la cire gaufrée au centre du couvain mais je préfère éviter de scinder le nid car on peut ainsi créer les conditions de démarrage d’un élevage royal.

 

Deuxième question : Comment gérer mes ruches pour éviter l’essaimage (vraiment beaucoup de fleurs en ce moment) et éviter de poser une hausse avant l’acacia ?

-         Une première réponse réside dans le paragraphe précédent : On peut profiter d’un surplus d’abeilles et de couvain pour créer de nouvelles colonies. On peut également, au moins trois semaines avant une miellée importante dont on veut profiter, créer un essaim artificiel par tapotement.

-         Un grand principe me semble fondamental pour éviter l’essaimage : Que chaque habitant de la ruche se trouve occupé au travail qu’il est appelé à réaliser. Il faut donc empêcher qu’il y ait un trop grand déséquilibre entre le couvain operculé et le couvain ouvert, sinon la reine n’a plus suffisamment de place pour pondre, et surtout les jeunes abeilles se retrouvent avec un surplus de sécrétion de gelée royale qu’elles risquent d’utiliser pour développer des cellules royales. Il faut également que les abeilles cirières aient du travail, c'est-à-dire de la place pour exprimer toute la cire qu’elles peuvent fournir. En résumé, c’est un peu comme dans notre société, il faut donner du travail aux jeunes ! Le cadre à mâles (voir dans les articles précédents) présente l’avantage de donner du travail aux jeunes abeilles cirières et nourricières, en plus de sa fonction de piégeur de varroas.

-         La pose de trappe à pollen sur les colonies fortes participe à en freiner un peu l’expansion et permet une récolte intéressante de pollen de printemps ( En avril, il est très varié).

 

Troisième question : Comment être à l’optimum (en nombre d’abeilles) au moment de la floraison de l’acacia ?

-         Etant donné qu’il faut de quarante à quarante cinq jours, depuis la ponte de l’œuf, pour faire une butineuse, je considère que le travail pour obtenir un maximum de butineuses pour une date donné est à mener avant ces quarante jours précédents. Bien sûr, il commence l’année précédente en s’assurant de l’âge de la reine, puis dans le travail de stimulation avant l’hivernage, et il va jusqu’à la stimulation par nourrissage artificiel ou par grattage progressif du miel de la ruche.

-         S’assurer du bon équilibre de la population avant la miellée relève des paragraphes précédents.

Voilà, moi qui m'était promis de n'écrire que de courts articles, j'ai un peu débordé malgré mon désir de rester succint dans mes propos. J'espère que Lionel ne m'en voudra pas d'avoir publié une partie de son message et que mes réponses lui apporteront quelque peu. Aux lecteurs de compléter, j'accueillerai sincèrement leurs écrits en publiant les commentaires. J'ai écrit en page d'accueil "l'apiculture ça se partage!",

 

Publié dans La conduite des ruches

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Anne-Marie HEIDMANN 20/04/2008 10:21

Bonjour,J'ai lu avec intérêts cet article sur comment éviter l'essaimage. Ma question est celle-ci : comment fait-on un essaim artificiel par tapotement ?