Lutte anti-varroas
Rappel pour les non initiés (car ce blog leur est aussi destiné): Le varroa est un acarien, parasite de l'abeille, arrivé en France dans les années 80. Il se reproduit dans les cellules operculées du couvain (larves d'abeilles) et se nourrit de l'hémolymphe de son hôte. Il affaiblit considérablement l'abeille qu'il parasite et diminue sa durée de vie. Il participe à la fragilisation de la colonie face aux diverses maladies qui la menacent et en provoque à terme sa disparition.
Les produits généralement employés par les apiculteurs sont nocifs pour l'environnement et se fixent sur la cire des rayons. L'utilisation de traitements alternatifs commencent à se répandre: l'acide oxalique, les produits à base de thymol, mais ne sont pas toujours faciles d'emploi.
J'ai toujours essayé, depuis mes débuts en apiculture, d'employer des produits ou des stratagèmes moins agressifs pour les abeilles et ne laissant pas de résidus dans la cire, voire dans le miel. Après avoir utilisé pendant quelques années la roténone en évaporation et les planchers grillagés, je traite maintenant les colonies avec les huiles essentielles de thym sous la forme de cristaux de thymol que je brûle dans un appareil qui les vaporise dans la ruche, et également en piégeant les varroas dans le couvain de mâles.
Pour l'appareil, je dois remercier Jean-Marie, le cyberbricoleur de l'Abeille Périgordine, qui a conçu ce "vaporisateur à chaud" en soudant divers pièces de récupération ou en les fabriquant.

Je piège les varroas dans le couvain de mâles à deux ou trois reprises, environ entre le 20 avril et le 15 juin. A cette période, si la colonie est suffisamment forte, les jeunes abeilles cirières construisent du couvain de mâles dans les espaces libres des cadres (cellules plus grandes que les cellules d'ouvrières). Il suffit donc de ne pas cirer le tiers inférieur d'un cadre préalablement marqué et de découper le bloc de cellules de mâles obtenues, quand elles sont operculées. Les varroas les affectionnent particulièrement car elles sont operculées plus longtemps que les cellules d'ouvrières (12 jours contre 9).