Et de trois!
Eh oui, une troisième ruche retrouvée morte ! Je m'en doutais depuis quelques jours.
Dans les mêmes conditions que pour les deux autres, c'est-à-dire vidée de ses abeilles, avec une quantité importante de miel, un tout petit rond de couvain operculé, mais cette fois ci la reine de cette colonie était née en 2006. Donc pas une colonie orpheline, pas une reine hors d’âge, pas une colonie affamée.
Je fais la même analyse que pour les deux autres ruches perdues : je pense vraiment que les traitements anti varroas ont été inefficaces à l’automne, que le parasite avait affaibli les abeilles qui n’ont pas été capable d’assumer le redémarrage de la ponte.
C’est la première année que je subi des pertes. Il m’était arrivé de retrouver des colonies bourdonneuses, des colonies faibles, mais pas de ruches mortes. Il faut vraiment que je repense ma lutte anti varroa. Il est vrai que l’année dernière, quelques problèmes personnels m’avait empêché de mener sérieusement le piégeage du varroa dans le couvain de mâles. La pression du parasite aurait sans doute été moins forte. Il faut que ce soit l’année ou je publie ce blog que les soucis arrivent. Pas de chance ! Heureusement que j’avais gardé quelques essaims artificiels en réserve. Même si le travail n’avait pas été mené aussi rigoureusement que d’habitude, ça console un peu de remplir des ruches pour s’en tirer et retrouver le nombre de ruches initiales.
Ah oui, j’oubliais une observation importante, il n’y avait plus de miel au dessus du petit rond de couvain, ce qui me fait dire que les abeilles n’ont pas eu la force et n’étaient pas assez nombreuses pour réchauffer le couvain et prendre les provisions sur les cadres voisins.
Comme je l’écrivais dans l’article précédent, je suis donc passé exceptionnellement à un traitement plus agressif que ce que j’utilise habituellement. J’ai souhaité arrêté le processus involontaire de sélection par la résistance au varroa, je ne tenais pas à ce que mes autres colonies s’écroulent dans un mois, car il ne faut pas oublier que la population de varroas se développe proportionnellement plus vite que la population d’abeilles. J’ai donc effectué un traitement à l’amitraze sur l’ensemble des colonies (12 gouttes sur un lange graissé) samedi dernier ; je ne peux pas dire que la chute des varroas soit spectaculaire, mais j’ai tout de même trouvé parfois quelques dizaines de varroas, ce qui a cette époque, et en présence de couvain est assez important. J’ai répété ce traitement aujourd’hui, quatre jours après le premier et je recommencerai ainsi deux autres fois, afin de couvrir un cycle complet de reproduction du parasite. Je ne prétends pas supprimer tous les varroas, mais permettre aux colonies d’attendre le mois de mai et le piégeage dans le couvain de mâles. Mes ruches n’avaient jamais été traitées avec ce type de produit et j’espère que je n’aurais plus jamais à le faire.
Je ne renie pas ce que j’ai écrit précédemment concernant l’utilisation de la sublimation du thymol. Je vais consacrer du temps cette année pour réfléchir, échanger, essayer, afin d’adapter ce mode de traitement pour le rendre plus efficace. Je ne manquerai pas de m’en faire l’écho sur ce blog.
Je pars donc pour l’instant sur une action que je peux résumer ainsi :
- Traitement de secours, ou d’urgence, à l’amitraze en mars.
- Ouverture des planchers grillagés en avril.
- Découpe du couvain de mâles en mai et juin (3 fois, ce serait bien)
- Traitement au thymol en août.
J’ai visité les ruches Dadant cet après midi, j’y ai trouvé deux à trois cadres de couvain et des abeilles qui occupent 6 à 7 cadres. J’ai gratté pour désoperculer un peu de miel dans chaque ruche, afin de stimuler légèrement la ponte. Pour l’instant, c’est bien parti. Il ne faut de toute façon pas que ça aille trop vite, les colonies doivent être prêtes pour la miellée d’acacia qui commence habituellement aux environs du premier mai.