O.G.M. et abeilles

Publié le par Jean-Marc NAILLON

Pourquoi O.G.M. et abeilles ne peuvent-ils faire bon ménage ?

 

 J’ai parlé des O.G.M. à travers plusieurs articles. Il faut quand même que j’explique pourquoi je pense qu’ils sont néfastes pour les abeilles.

-         Les deux grandes catégories d’O.G.M. utilisés dans le monde sont des plantes résistantes à un herbicide, et des plantes produisant un insecticide. Dans le cas des plantes résistantes à un herbicide, il s’agit d’un produit très puissant qui va pouvoir être utilisé massivement sur de grandes surfaces, et fréquemment. Outre le fait qu’il va s’infiltrer dans les nappes phréatiques et polluer les rivières et plans d’eau par le ruissellement des eaux de surface, il risque également d’être transporté dans la ruche par les abeilles porteuses d’eau qui vont souvent sur les plantes chercher les gouttes de rosée. L’eau est rapportée en effet à la colonie, comme le sont le nectar, le pollen et la propolis. Dans le cas des plantes produisant leur propre insecticide, il va de soi que les abeilles en seront un peu plus fragilisées. De plus cet insecticide sera peu contrôlé : aura-t-il besoin d’une autorisation de mise sur le marché alors qu’il sera produit par un végétal ?

-         Les produits de la ruche ont jusqu’à maintenant profité d’une image de produits naturels. Qu’en sera-t-il lorsque les O.G.M. seront suffisamment répandus sur le territoire pour éveiller la suspicion des consommateurs ? L’apiculteur devra-t-il fuir les O.G.M. ? Le pollen est présent en toute petite quantité dans le miel, les abeilles ne trieront pas entre le pollen de maïs O.G.M. et le pollen de maïs conventionnel. Elles butinent autour de la ruche dans un rayon de 3 kilomètres.

-         Qui garantira la qualité des produits de la ruche ? En d’autres termes, qui paiera les analyses pour prouver que les produits de la ruche sont exempts d’O.G.M.Pas l’agriculteur, pas le semencier qui sera dégagé de toutes responsabilité.

-         Les abeilles risquent de devenir le vecteur de transport du pollen O.G.M. vers les plantes autochtones. La distance ridicule prévue dans la loi votée au sénat à l’automne dernier (mais pas passée devant les députés) pour séparer les cultures O.G.M. des cultures traditionnelles ne suffira pas pour empêcher le vent de transporter le pollen. Que dire des abeilles ou des autres insectes pollinisateurs ? Les ruches deviendront un sujet de cauchemars pour les agriculteurs traditionnels ou pire encore pour l’agriculture biologique.

En conclusion, on peut se poser la question de l’avenir de l’apiculture dans un paysage rural parsemé de champs de plantes génétiquement modifiées. Faudra-t-il aux apiculteurs fuir les plantes O.G.M., se savoir responsables de la dissémination des transgènes, ou faire valoir son droit d’antériorité sur ces O.G.M. ?

 Dessin de Basile pour la journée anti-O.G.M.

Publié dans Nos abeilles en danger

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